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A l'heure où le numérique a envahi nos vies, les professionnels de l'enseignement et de la formation s'interrogent sur la place occupée par chacun : formateur, apprenant mais aussi savoir !! Former demain sera-t-il totalement différent d'aujourd'hui ? Quel doit être le rôle du formateur ? Sa posture ? Ses compétences ? Aura-t-on encore besoin d'un "enseignant" demain ou simplement de supports et de didacticiels conçus pour remplacer le formateur ?

La méthode active : un divorce par amour !

 

Dans le domaine de la pédagogie et des méthodes utilisées par les formateurs, 2 grandes démarches globales se dessinent :

- la démarche déductive conduit à cheminer depuis l'abstrait vers le concret ou encore de l'observation vers des situations réelles... Pour faire plus simple, il s'agit d'apprendre par la théorie puis par sa mise en pratique. 

- la démarche inductive se caractérise par l'extraction des notions à partir de situations concrètes ou encore par l'observation de situations qui conduisent à des hypothèses. L'analyse de la pratique conduit donc à mécanismes théoriques avérés ou à construire. De la pratique vers la théorie !

 

A partir de ces tendances se dégagent plus précisément des techniques pédagogiques :

Celles que l'on peut classer dans la démarche déductive :

* la méthode expositive ou magistrale : l'enseignant donne son cours, l'apprenant est passif, il prend des notes, écoute, mémorise. 

* la méthode démonstrative : l'enseignant montre un geste ou un exemple de travail, l'apprenant recopie, imite, reproduit le geste. 

Celle que l'on peut classer dans la démarche déductive ou inductive : 

* la méthode interrogative : l'enseignant questionne l'apprenant et fait émerger le savoir pré-existant (déductif) ou construire (inductif) du savoir nouveau par une combinatoire d'éléments existants. 

Celles que l'on peut classer dans la démarche inductive :

* la méthode active : l'apprenant découvre le savoir par la pratique et par l'analyse de ses essais-erreurs. L'enseignant a construit un scénario et accompagne l'apprentissage (il ne transmet rien !)

* la méthode expérientielle : il s'agit de l'acquisition de savoirs non encore écrits ou formalisés que l'apprenant développe par son expérience. L'enseignant aide à la formalisation du savoir-faire en question (sans en être lui-même possesseur).

Plus de détails sur le site Competice en cliquant ici !

 

Quelle méthode choisir ? Quand ? 

Pourquoi ? 

Pour qui ?

Comment ? Quel intérêt ?   

 

 Pour cela, je vous propose un tableau comparatif des méthodes selon certains critères :

 

comparatif méthodes pédagogiques

comparatif méthodes pédagogiques

Les méthodes dites "traditionnelles" telles que les méthodes magistrales ou expositives montrent rapidement leur inefficacité. Que chaque formateur ose dispenser un cours de 4 heures à l'aide d'un diaporama et demande une synthèse individuelle ou collective à l'issue... il verra bien ce qu'il en reste... 

Pour autant, l'apprenant (et donc le formateur, qui fût un jour un apprenant) est conditionné depuis sa plus tendre enfance par ces méthodes éducatives et rechigne donc à devoir utiliser des méthodes où il doit s'impliquer et prendre des risques, telles que la méthode active !

Bien sûr, les méthodes actives sont dans un premier temps inconfortables. L'apprenant doit se mettre en situation avec un risque d'erreur avéré (voir souhaité); il doit sortir de sa zone de confort, s'exposer, tenter, expérimenter, se tromper et recommencer... Bien guidé par son formateur, il va pourtant comprendre ses erreurs, démontrer des méthodologies, trouver des résultats, et surtout, il ne le devra qu'à lui-même, par son action, par son travail !

Si, comme vous l'avez compris, la méthode active est, sans aucun doute, la plus efficace en matière d'apprentissage, doit-elle être la seule à utiliser ? Faut-il jeter les autres méthodes aux lions ? 

 

Pas du tout ! Le choix d'une méthode pédagogique est lié à des contraintes allant d'un idéal (une méthode active) à un pis aller (une méthode expositive). 

Quelles contraintes ? 

- la sécurité de l'apprenant (perdre un doigt à cause d'une méthode active n'est pas si formateur à long terme)

- des locaux et du matériel à disposition (dans certaines filières, la matière d'oeuvre perdue en essais-erreurs peut coûter cher)

- en maturité d'apprentissage des participants (tout le monde ne peut pas rentrer dans des méthodes actives du jour au lendemain)

- en temps disponible (le diaporama, bien qu'inefficace, est bien plus rapide)

- en intérêt pédagogique (quel est la valeur de l'enseignement par rapport à l'objectif de formation ?)

- quelles sont les compétences transverses que la méthode active peut générer (cohésion de groupe pour des travaux, expression orale, confiance en soi, processus de résolution de problème, etc.)

 

Bref, vous l'avez compris, la méthode active, c'est le nec plus ultra au niveau pédagogique, et le plus exigeant à mettre en oeuvre !

 

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