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A l'heure où le numérique a envahi nos vies, les professionnels de l'enseignement et de la formation s'interrogent sur la place occupée par chacun : formateur, apprenant mais aussi savoir !! Former demain sera-t-il totalement différent d'aujourd'hui ? Quel doit être le rôle du formateur ? Sa posture ? Ses compétences ? Aura-t-on encore besoin d'un "enseignant" demain ou simplement de supports et de didacticiels conçus pour remplacer le formateur ?

Le numérique rend le formateur plus indispensable que jamais !

Le numérique rend le formateur plus indispensable que jamais !

Tout le monde écrit sur le numérique en formation et de nombreuses projections se font, voir de "nouveaux modèles pédagogiques" apparaissent... SAMR, ASPID...

A travers de nombreux produits ou dispositifs pédagogiques, une vague de nouveautés semble poindre avec l'arrivée du digital : MOOC, SPOC, Blended, Multimodalité, E-learning, Serious Games, Rapid Learning, etc. 

Tout porte à croire qu'une révolution s'opère remettant en cause la posture du formateur, de l'apprenant, du savoir, etc, etc, etc. 

Et pourtant ...

 

Le numérique, ça change quoi ? 

L'accès à des savoirs illimités, en permanence et non-académiques : indéniablement, le développement d'Internet et la facilité à fabriquer blogs et sites Internet a créé des multitudes de sources de connaissances, parfois institutionnelles ou académiques, souvent en dehors des réseaux habituels avec leurs lots de surprises (bonnes ou mauvaises). Cette quantité d'information est accessible en permanence, (souvent) gratuitement apportant parfois des approches différentes ou déchaînant des échanges hors des experts "reconnus". 

Le savoir n'appartient plus à une "catégorie" : les livres scolaires ou autres encyclopédies souffrent naturellement d'une perte de légitimité à l'heure où des internautes proposent une participation à Wikipédia, ou encore quand certains offrent des connaissances gratuitement alors là où des institutionnels monnayent leurs savoirs.

Les lieux d'apprentissage se dématérialisent : l'école en tant qu'enceinte, perd de son importance quand la connaissance se promène dans la poche, pourquoi limiter l'enseignement à un lieu géographique ? L'essor des MOOCs en est une preuve, plus généralement, la formation à distance.

L'apprenant s'autoforme : au sens intégral du terme; il choisit son apprentissage, ses limites, son support, son moment, son objectif ! L'échange entre internautes fait partie intégrante de ce processus... Quand un automobiliste doué et généreux explique, vidéo à l'appui, comment changer des plaquettes de frein, la tentation est grande de le faire soi-même... 

La temporalité : accessible en permanence, l'acquisition du savoir organisé en horaires perd de sa légitimité. La progression pédagogique chère à l'enseignant devient difficile à tenir. 

 

Qu'elle est la juste place du formateur dans cet environnement ? 

On pourrait croire, à lire les lignes précédentes, que le formateur perd de sa légitimité dans ce nouveau contexte. C'est d'ailleurs une réaction souvent observée chez les formateurs qui intègrent le numérique dans leurs pratiques. 

Pourtant, à certaines conditions, c'est tout le contraire. 

Il faut laisser sa juste place à ces nouveaux outils, souvent performants, parfois plus intéressants, en tous cas, plus proches des pratiques de l'apprenant. 

Quels que soient les bienfaits du numérique, n'oublions jamais que l'acquisition d'une compétence est une démarche très personnelle chez l'apprenant. Le formateur, le savoir, l'outil (numérique ou pas) ne sont que des éléments extérieurs dans le processus d'apprentissage. 

Il n'y aura acquisition de compétence qu'à la condition que l'apprenant développe ses propres gestes, résolve seul des situations problème, acquiert une expérience et soit capable de reconstituer un processus. 

Savoir est une chose, comprendre et faire en sont d'autres... 

Le formateur en tant qu'expert métier est, lui, capable d'expliquer des situations, d'évaluer un travail, de faire réfléchir un apprenant sur le résultat d'un ouvrage... Cette fameuse capacité d'analyse et de réflexion n'appartient pas aux bienfaits du numérique... 

 

En fait, le numérique renforce la légitimité du formateur à la condition de lui conférer le rôle qui lui revient et en acceptant de lui sous-traiter les tâches pour lequel le formateur n'a pas ou peu de valeur ajoutée... 

Laissons le numérique apprendre, laissons le formateur aider à comprendre.

N'est-ce pas fondamentalement ce rôle essentiel du formateur : la pédagogie ?

 

 

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David Masson


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A
Effectivement le formateur ne disparaît pas pour autant, car au contraire les moyens d'apprendre étant plus nombreux, il devient difficile pour un apprenant de faire des choix éclairés sur les différents types de formation.
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