Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A l'heure où le numérique a envahi nos vies, les professionnels de l'enseignement et de la formation s'interrogent sur la place occupée par chacun : formateur, apprenant mais aussi savoir !! Former demain sera-t-il totalement différent d'aujourd'hui ? Quel doit être le rôle du formateur ? Sa posture ? Ses compétences ? Aura-t-on encore besoin d'un "enseignant" demain ou simplement de supports et de didacticiels conçus pour remplacer le formateur ?

Le choix d'une méthode pédagogique

Le choix d'une méthode pédagogique

Une fois n'est pas coutume, mon objectif dans cet article est double : vulgariser autant que possible les approches théoriques sur la pédagogie appliquée aux adultes et aussi proposer des outils simples d'aide à la compréhension et donc à la décision. 

 

Les méthodes ou techniques pédagogiques qu'utilisent le formateur dans ses séquences présentielles sont réparties en deux grandes catégories, intitulées démarches. 

 

Ainsi, les deux démarches reconnues sont :

- la démarche déductive : elle consiste à partir de la théorie et son appropriation pour ensuite réaliser des mises en pratique. Le cours puis l'exercice ou le travail en atelier

- la démarche inductive : elle consiste à partir de la pratique pour en extraire, en formaliser des méthodes, des processus, bref, de la théorie. 

 

Partant de ces grandes catégories, plusieurs méthodes pédagogiques sont détaillées :

  • la méthode expositive : il s'agit ici du cours magistral... Le formateur commente un diaporama au tableau, il fait une explication théorique dans différents contextes (atelier, salle de cours ou autre) puis donne un travail de mise en application. 
  • la méthode démonstrative : le formateur montre le geste sous forme de démonstration, l'apprenant recopie ensuite le geste pour finir par l'imiter. 
  • la méthode interrogative (qui est à cheval entre démarche déductive et inductive) : le formateur pose des questions pour faire émerger un savoir présent chez l'apprenant (déductive) ou pour créer un savoir chez l'apprenant (inductive).
  • la méthode expérimentale : l'apprenant réalise des expériences (type laboratoire) et parvient à formaliser des hypothèses puis des savoirs.
  • la méthode active : l'apprenant réalise une série de recherches ou de travaux demandés par le formateur et construit (souvent en mode collaboratif) un savoir (égal ou supérieur) à l'attendu du formateur. 

 

L'expérience montre très clairement que la qualité de l'apprentissage est supérieure lorsque l'apprenant réalise une tâche sous forme d'essais / erreurs car l'action permet une compréhension des mécanismes et du savoir visé. Il ne mémorise pas, il comprend. 

Par opposition, la méthode magistrale montre très clairement ses limites en matière d'acquisition de savoir. Il suffit pour cela de réaliser un exercice très simple : faites un cours de 2 heures et ayez le courage de demander, à l'issue, ce que les apprenants en retiennent (sans lire leurs notes)... 

l'efficacité des méthodes pédagogiques

l'efficacité des méthodes pédagogiques

Au delà de la qualité de l'apprentissage, la méthode active s'oppose aussi à la méthode expositive par la satisfaction générée chez l'apprenant en matière d'estime de soi. En effet, si l'apprenant a réussi et appris, c'est grâce à lui, son travail, son investissement... 

 

Ainsi, pour reprendre le tableau ci-dessus, au plus le formateur choisit une méthode pédagogique sur la partie droite, au plus la qualité de l'apprentissage sera importante... et à l'inverse, au plus le curseur sera à gauche, au moins l'apprenant apprendra...

 

Ceci étant, comment la choisir une méthode pédagogique ? 

Pour répondre simplement à cette question, et partant du principe que tout apprentissage peut être dispensé avec n'importe quelle méthode, il s'agit donc de fixer le curseur allant de l'idéal (la méthode active) au pis-aller (la méthode expositive)...

Mais encore ? 

Le choix d'une méthode est lié à des contraintes ne permettant pas d'utiliser la méthode idéale. Les contraintes sont :

- la sécurité : apprendre à utiliser une machine en méthode active et se couper deux doigts n'est pas très productif...

- l'équipement : pour utiliser une méthode active, il faut du matériel, de la matière d'oeuvre, des locaux, des outils...

- le coût : la matière d'oeuvre dans certaines formations coûte très cher, le cuivre par exemple... La démonstration peut alors permettre de limiter la perte de matière

- le temps : la méthode active nécessite bien plus de temps que la méthode expositive

- le nombre d'apprenants : à 30 apprenants, la méthode active est plus compliquée à mettre en place et chronophage

- la mixité des méthodes : la diversité des méthodes d'apprentissage est importante pour garder une dynamique dans la formation.

Pour résumé, le formateur qui choisit sa méthode pédagogique rêve de pouvoir utiliser la méthode active autant que possible, mais doit se résoudre à changer sa méthode en fonction des contraintes qui lui sont données, conscient que la qualité de sa formation va en être impactée. 

 

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
David Masson


Voir le profil de David Masson sur le portail Overblog

Commenter cet article